Date: 20 Mar 2009
Author: Kamalesh Sharma, Secretary-General of the Commonwealth, Abdou Diouf, Secretary-General of La Francophonie
Publication: The Financial Times and Le Monde in advance of G20 Summit, London, 2 April 2009
90% of global GDP will be represented at the G20 table in London on 2nd April. All that will be missing is 90% of the world’s countries.
The simple fact of globalisation dictates that all countries, the world over, have been affected by a tsunami of crises – of finance and food, of energy and the environment. Equally, all have an interest in what goes into the G20 meeting, and what comes out of it.
Providing the foundations for new prosperity is a task which demands a global response that is comprehensive, inclusive and sustained. It is our hope that the G20 addresses the challenges of more than its own ‘magic circle’. The jury is out: the G20 Finance Ministers’ preparatory meeting in Horsham a fortnight ago was ambiguous on the level of ambition, unity of larger purpose, and openness to the concerns of the wider international community.
G20 leaders in London can take to heart two related considerations in advance of their meeting.
First, the message of the ‘G172’ that is not invited to the London table, is that every country in the world needs a stable and vibrant global economy. The impacts of the global slowdown are being felt most strongly, and will be felt for the longest time, in the developing world. In many of these countries, economic stability is a matter of life and death.
The G20 has the leadership and levers to deliver – and to look out for the whole world. It can deliver the policy coordination that can halt the economic slide. That, in turn, can reverse the dramatic decline in investment, capital and remittance flows to the developing world. The G20 could usefully examine why developed countries are receiving support for their banks and car industries, while developing countries receive nothing in their rescue packages.
Meantime, the G20 can also bridge the gap by continuing to assist with developing countries’ most immediate needs, and by continuing to support the greatest of all global commitments, the one made in 2000 to meet the UN’s eight Millennium Development Goals.
Global trade levels are contracting at rates not seen for two generations. The G20 must finally find a way ahead to advance free and fair trade, as the assured means of restoring global prosperity. Many of those excluded from the Summit are the most dependent on trade, and it is they who will be the victims of an incipient and alarming trend towards a protectionism which – since the G20 met in Washington last November – has seen 17 of its members introduce measures to keep out foreign trade. If the G20 is to match its rhetoric, its actions should give greater reason for optimism. The pledge made to deliver the Doha Round by the end of 2008 evaporated.
Second, for the ‘G172’, every country has an equal interest in effective international financial institutions as the engines of global cooperation. The World Bank and the IMF of today were built to serve another age, by another – much smaller, much less representative – ‘international community’.
They need to be re-equipped, far beyond mere tinkering, for the purposes of the 21st Century. They need to be re-formed, on the basis of principles shared and enacted by all. The aim must be to create new institutions characterised by legitimacy, equal voice and fair representation, flexibility, transparency, accountability and effectiveness. As a first step to inclusiveness, the G20 should commit to hearing, discussing and addressing the views and aspirations of non-members, even if those others can’t be present at its own table.
As the international community looks back with recrimination and sideways for solutions, it must still look forward. The financial crisis has prompted a new interest in and commitment to the need for truly collective global engagement.
The lesson of 2009 must be the need for a renewed global resolve to meet these challenges in a way that benefits all. Our current reality is partial globalisation; our shared goal is inclusive globalism. A new multilateralism is an imperative, not an option.
The G20 can be the T20 – the Trustees of the whole world’s interests.
ENDS
Kamalesh Sharma is Secretary-General of the Commonwealth, and Abdou Diouf is Secretary-General of La Francophonie.
The Commonwealth of some 1.9 billion people numbers 53 countries (5 in the G20, 48 outside), while La Francophonie of some 870 million people numbers 56 states and 12 observers (2 in the G20, 66 outside). 10 countries are members of both organisations: Cameroon, Canada, Cyprus, Dominica, Ghana, Mauritius, Mozambique, St Lucia, Seychelles, Vanuatu.
Le G20, un sommet des Garants du monde ?
Le 2 avril prochain, 90 % du PIB mondial sera représenté à la table des négociations du G20 à Londres. Il ne manquera plus alors que 90 % des pays.
Pourtant -conséquence directe de la mondialisation- tous les pays, sans exception, subissent de plein fouet une déferlante de crises : crises financière et alimentaire, crises énergétique et environnementale. Aussi sont-ils tous concernés par ce qui alimentera les négociations du G20, et par ce qui en résultera.
Jeter les bases d’une nouvelle prospérité suppose une réponse globale, sans exclusive, aboutie et durable. Espérons que le G20 ne se contentera pas de traiter des difficultés de ses seuls membres. Mais il est permis d’en douter : la réunion préparatoire des ministres des Finances, tenue à Horsham il y a une quinzaine de jours, n’a pas dissipé les ambiguïtés sur la nature des ambitions d’un dessein collectif, et la prise en compte des attentes du reste de la communauté internationale.
Pourtant, lors du G20 de Londres, les dirigeants devraient avoir à l’esprit deux réalités interdépendantes.
Première réalité : les pays du « G172 », qui n’ont pas été invités à la table des négociations à Londres, aspirent à une économie mondiale dynamique et stable. Les répercussions du ralentissement mondial sont, en effet, ressenties plus fortement dans le monde en développement, et elles le seront plus durablement. Pour nombre de ces pays, la stabilité économique est une question de vie ou de mort.
Le G20 détient le leadership et les leviers pour agir au bénéfice de l’humanité. Il pourrait être le coordonnateur de politiques susceptibles d’enrayer le ralentissement économique, et inverser ainsi la baisse spectaculaire des investissements, des capitaux et des envois de fonds destinés aux pays en développement. Il pourrait aussi utilement se demander pourquoi les pays développés bénéficient d'un soutien pour leurs banques et leur industrie automobile, alors que les pays en développement ne reçoivent aucune aide pour leurs plans de sauvetage.
S’attaquer à ces disparités ne doit pas pour autant le dispenser de répondre aux besoins les plus pressants des pays en développement et d’honorer le plus important de tous les engagements souscrits au niveau mondial, celui pris à l’ONU, en 2000, d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement.
Les échanges commerciaux mondiaux se contractent à un rythme jamais vu en deux générations. Le G20 doit trouver la marche à suivre pour promouvoir un commerce international libre et équitable, moyen le plus sûr de rétablir la prospérité mondiale. Nombre des pays exclus du Sommet sont les plus tributaires des échanges commerciaux, et ils seront les premières victimes d'une tendance naissante, et alarmante, celle à un protectionnisme qui - depuis que le G20 s’est réuni en novembre dernier à Washington - a vu 17 de ses membres prendre des mesures visant à entraver les importations. Si les actes du G20 sont à la hauteur de ses discours, les mesures qu’il prendra devraient susciter un peu plus d’optimisme. Mais la promesse de parachever le Cycle de Doha à la fin 2008 est restée lettre morte.
Deuxième réalité : pour le « G172 », tous les pays ont intérêt à ce que les institutions financières internationales soient les moteurs de la coopération mondiale. La Banque mondiale et le FMI ont été conçus à une époque aujourd’hui révolue, par une autre « communauté internationale » - beaucoup plus restreinte, beaucoup moins représentative.
Ils doivent donc être redimensionnés - un simple réaménagement n’y suffira pas – pour répondre aux besoins du 21ème siècle. Ils doivent être refondés, sur la base de principes partagés et appliqués par tous. Il s’agit de créer de nouvelles institutions reposant sur la légitimité, l’égalité et une représentation équitable, la flexibilité, la transparence, l’obligation de rendre compte et l'efficacité. Premier geste d'ouverture, le G20 devra s'engager à écouter, discuter et traiter les points de vue et les aspirations des non membres, même si ces derniers ne peuvent être présents à la table des négociations.
Au moment où la communauté internationale porte un regard nostalgique sur le passé, où elle cherche des solutions à un présent incertain, il lui faut regarder plutôt vers l’avenir. La crise financière a suscité un nouvel élan en faveur d’une mobilisation mondiale, authentiquement collective.
L’année 2009 doit nous enseigner qu’un nouvel engagement global est nécessaire si nous voulons répondre à ces défis au bénéfice de tous. Aujourd’hui, notre réalité se borne à une mondialisation imparfaite, mais notre objectif est un mondialisme sans exclusive. Le nouveau multilatéralisme est un impératif, en aucun cas une option.
Le G20 sera peut être le garant des intérêts de notre planète. Le saura-t-il, le voudra-t-il ?
Kamalesh Sharma, Secrétaire général du Commonwealth
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte 56 Etats et gouvernements et 14 observateurs. Le Commonwealth regroupe quant à lui 53 pays. 10 Etats sont membres des deux Organisations : Cameroun, Canada, Chypre, Dominique, Ghana, Maurice, Mozambique, Sainte-Lucie, Seychelles et Vanuatu.
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The G20 Summit – or the T20?